Trésorerie excédentaire vs trésorerie d'exploitation
Toute la trésorerie d'une entreprise n'est pas « libre ». Il faut distinguer :
- Trésorerie d'exploitation : le cash nécessaire au fonctionnement quotidien (paiement des salaires, fournisseurs, charges). Ce cash fait partie du BFR et n'est pas distribuable.
- Trésorerie excédentaire : le cash au-delà des besoins d'exploitation, qui pourrait être distribué sans affecter l'activité. C'est ce surplus qui augmente la valeur des titres.
Impact sur le prix de cession
Le bridge classique :
Valeur des titres = Valeur d'entreprise – Dettes financières + Trésorerie
Donc plus la trésorerie est élevée, plus la valeur des titres augmente. Pour une PME valorisée 8M€ en EV avec 2M€ de trésorerie excédentaire et 1M€ de dettes, la valeur des titres est de 9M€.
Le débat sur le cash piégé
L'acquéreur tentera souvent de limiter la trésorerie excédentaire :
- Cash piégé à l'étranger : dans des filiales, soumis à retenue à la source
- Cash nécessaire au BFR : l'acquéreur contestera la part « excédentaire »
- Cash earmarked : provisionné pour des investissements planifiés
- Dépôts de garantie : cash bloqué en garantie de contrats
Stratégie du cédant
Avant la cession, le cédant peut :
- Distribuer des dividendes : récupérer le cash excédentaire avant la vente
- Rembourser les dettes : réduire la dette nette (neutre sur la valeur des titres)
- Documenter le BFR minimal : prouver que le cash est réellement excédentaire
Attention à la fiscalité
La distribution de dividendes avant cession est soumise à la flat tax (30%) ou au barème progressif. Il faut donc comparer le coût fiscal de la distribution avec l'avantage de récupérer le cash avant la vente. Dans certains cas, laisser le cash dans l'entreprise et le valoriser dans le prix est plus efficient fiscalement.





