Glossaire M&A

Honoraires de succès (success fee) en M&A

Comment sont rémunérés les conseils M&A ? Success fee, retainer, formule Lehman : tout comprendre sur les honoraires en cession d'entreprise.

Honoraires de succès (success fee) en M&A
Rédigé parQuentin Guenot

La rémunération du conseil M&A repose principalement sur les honoraires de succès (success fee) : un pourcentage du prix de cession payé uniquement si la transaction aboutit. Comprendre la structure des honoraires vous permet de négocier une rémunération juste et alignée avec vos intérêts.

Structure classique des honoraires M&A

La rémunération d'un conseil M&A se compose généralement de deux éléments :

  • Retainer (forfait mensuel) : 2 000 à 10 000€/mois pendant la durée du mandat, pour couvrir les frais fixes du conseil. Souvent déductible du success fee.
  • Success fee (honoraires de succès) : pourcentage du prix de cession, payé uniquement à la réalisation effective de la transaction (closing).

Taux de success fee habituels

Les taux varient selon la taille de la transaction :

  • Transactions 1-5M€ : 4 à 6% du prix de cession
  • Transactions 5-15M€ : 2,5 à 4%
  • Transactions 15-50M€ : 1,5 à 2,5%
  • Transactions >50M€ : 1 à 1,5%

Un minimum garanti (minimum fee) de 50 000 à 150 000€ est souvent prévu.

Formule Lehman (et ses variantes)

La formule Lehman historique prévoit un barème dégressif :

  • 5% sur le premier million
  • 4% sur le deuxième million
  • 3% sur le troisième million
  • 2% sur le quatrième million
  • 1% au-delà

En pratique, la « Double Lehman » (pourcentages doublés) est plus courante pour les PME.

Base de calcul : EV ou Equity ?

Un point souvent négligé : le success fee est-il calculé sur la valeur d'entreprise (EV) ou sur la valeur des titres (Equity) ? La différence peut être significative. Vérifiez la lettre de mission et négociez la base la plus favorable.

Comment choisir son conseil M&A

Au-delà des honoraires, évaluez :

  • L'expérience sectorielle : connaissance de votre marché et des acquéreurs
  • Le track record : nombre et taille des transactions réalisées
  • La taille de l'équipe : dédiée à votre transaction ?
  • L'alignement d'intérêts : le success fee garantit que le conseil est motivé par la réussite

Conseil pratique

Le success fee est le meilleur modèle d'alignement d'intérêts : votre conseil gagne quand vous gagnez. N'hésitez pas à négocier un success fee progressif (bonus si le prix dépasse un seuil) pour maximiser la motivation du conseil à obtenir le meilleur prix possible.

Comment se construit un success fee

Le success fee est la rémunération d'un conseil en cession, versée au closing et proportionnelle au prix obtenu. Sa logique est simple : le conseil est payé s'il réussit, et d'autant plus qu'il obtient un bon prix.

Trois paramètres se négocient, et ils comptent autant l'un que l'autre :

Le taux, généralement dégressif par tranches : plus le montant est élevé, plus le pourcentage marginal diminue. Cette dégressivité protège le cédant sur les grosses opérations tout en assurant au conseil une rémunération viable sur les petites.

Le minimum garanti, qui couvre le coût de la mission quelle que soit l'issue. Sur une cession de PME, une mission mobilise un conseil pendant six à douze mois : sans plancher, un dossier qui se conclut bas ne couvrirait pas le travail engagé.

L'assiette. C'est le point le plus important et le moins discuté. Le success fee porte-t-il sur la valeur d'entreprise ou sur la valeur des titres ? Inclut-il le crédit-vendeur, l'earn-out, la trésorerie laissée dans la société ? Sur une opération à 5 M€, la définition de l'assiette peut déplacer les honoraires de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Ce qu'il faut vérifier dans la lettre de mission

  • La durée de l'exclusivité et les conditions de sortie.
  • La clause de survie : le conseil est-il rémunéré si la cession se conclut avec un acquéreur qu'il a présenté, mais après la fin du mandat ? La réponse est généralement oui, sur une durée définie — c'est légitime, à condition que la liste des acquéreurs présentés soit établie.
  • Le sort des frais : sont-ils inclus, plafonnés, ou facturés en sus ?
  • Le traitement d'une cession partielle ou d'une levée de fonds en cours de mission.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un success fee ?

La rémunération d'un conseil en cession, versée uniquement en cas de réalisation de l'opération et calculée en pourcentage du prix. Elle aligne l'intérêt du conseil sur celui du cédant : mieux il vend, mieux il est payé.

Le success fee est-il dégressif ?

Le plus souvent oui, par tranches : le taux marginal diminue à mesure que le prix augmente. C'est ce qui rend la rémunération supportable sur les opérations importantes.

Pourquoi un minimum garanti ?

Parce qu'une mission de cession mobilise un conseil pendant six à douze mois, quel que soit le prix final. Le minimum couvre ce coût et évite qu'un dossier conclu bas ne soit économiquement intenable.

Sur quelle base se calcule-t-il ?

C'est le point à faire préciser noir sur blanc. Valeur d'entreprise ou valeur des titres, avec ou sans crédit-vendeur, avec ou sans earn-out : l'écart entre deux définitions peut représenter des dizaines de milliers d'euros.

Les honoraires sont-ils négociables ?

Le taux l'est peu, l'assiette et les modalités beaucoup. C'est là que se joue l'essentiel : la définition de l'assiette, le traitement des compléments de prix et la durée de la clause de survie.

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