Glossaire M&A

Clause d'agrément

Définition et fonctionnement de la clause d'agrément dans les statuts : contrôle des cessions de titres et protection des associés.

Clause d'agrément
Rédigé parQuentin Guenot

La clause d'agrément est un mécanisme statutaire incontournable qui permet aux associés de contrôler l'entrée de nouveaux actionnaires dans la société. Elle joue un rôle central dans les opérations de cession de PME.

Définition

La clause d'agrément est une disposition insérée dans les statuts de la société qui soumet toute cession de parts sociales ou d'actions à l'accord préalable des associés ou d'un organe social (assemblée générale, conseil d'administration).

Fonctionnement par forme juridique

FormeAgrément obligatoire ?Précisions
SARLOui (cession à tiers)Obligatoire pour les cessions à des tiers étrangers à la société. Libre entre associés, conjoints, ascendants/descendants sauf clause contraire.
SASFacultatifLibrement prévu dans les statuts. Très fréquent en pratique.
SAFacultatifPossible pour les actions nominatives uniquement.

Procédure type

  • Notification : le cédant notifie son projet de cession à la société (identité du cessionnaire, nombre de titres, prix)
  • Délibération : l'organe compétent se prononce dans un délai fixé par les statuts (souvent 3 mois)
  • Décision : agrément accordé ou refusé

En cas de refus d'agrément

Si l'agrément est refusé, les associés doivent proposer une solution dans un délai légal :

  • Rachat des titres par les autres associés
  • Rachat par la société elle-même (réduction de capital)
  • Présentation d'un tiers acquéreur agréé

À défaut de solution dans le délai, l'agrément est réputé acquis.

Impact en M&A

La clause d'agrément est un point crucial dans les opérations de cession :

  • Pour le cédant : il faut anticiper la procédure d'agrément et les délais associés dans le calendrier de cession
  • Pour l'acquéreur : le risque de refus d'agrément doit être identifié en due diligence
  • Condition suspensive : l'obtention de l'agrément est généralement une condition suspensive du SPA

Différence avec d'autres clauses

  • Clause de préemption : droit de priorité pour acheter, mais pas de pouvoir de blocage
  • Clause d'inaliénabilité : interdiction pure et simple de céder pendant une période
  • Droit de sortie conjointe (tag-along) : droit de vendre ses titres aux mêmes conditions

Pourquoi elle bloque des cessions

Une clause d'agrément mal anticipée est l'une des causes les plus fréquentes de retard, et parfois d'échec, dans une cession de PME.

Trois scénarios reviennent :

  • Le cédant découvre la clause en cours de négociation. Il a engagé des discussions, signé une lettre d'intention, et s'aperçoit que ses coassociés disposent d'un droit de veto. Le rapport de force bascule.
  • L'agrément est refusé. Les associés doivent alors, dans le délai prévu, acquérir ou faire acquérir les parts — mais à un prix qui n'est pas celui négocié avec l'acquéreur, et qui peut être fixé par un expert en cas de désaccord.
  • Le délai court sans que personne ne bouge. Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour le cédant : à l'expiration du délai légal, l'agrément peut être réputé acquis, et la cession initialement prévue peut se réaliser.

Dans tous les cas, le calendrier de l'opération est commandé par la procédure, pas par la volonté des parties. Une clause d'agrément peut ajouter plusieurs mois entre l'accord et le closing.

Ce qu'il faut faire, et quand

Avant d'ouvrir la moindre discussion : relire les statuts et le pacte d'associés, identifier les clauses d'agrément, de préemption et de sortie conjointe, et vérifier les majorités requises.

Avant la lettre d'intention : sonder informellement les coassociés dont l'accord sera nécessaire. Un refus prévisible se traite mieux en amont qu'après trois mois de négociation.

Dans le calendrier : intégrer le délai de la procédure comme une condition suspensive datée, avec une échéance au-delà de laquelle chacun retrouve sa liberté.

Conseils pratiques

  • Vérifier systématiquement les statuts et le pacte d'actionnaires avant toute cession
  • Respecter scrupuleusement la procédure de notification
  • Prévoir dans le SPA une condition suspensive liée à l'agrément
  • En cas de cession majoritaire, s'assurer que le processus d'agrément est compatible avec le calendrier

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une clause d'agrément ?

Une clause qui subordonne la cession de titres à l'accord préalable des associés ou d'un organe de la société. Elle protège le caractère fermé de l'actionnariat en empêchant l'entrée d'un tiers non désiré.

Est-elle obligatoire ?

Dans une SARL, la loi impose l'agrément pour toute cession de parts à un tiers étranger à la société. Dans une SAS, la liberté statutaire est la règle : tout dépend de ce que prévoient les statuts, qui peuvent aller de l'absence totale de contrainte à un agrément unanime.

Que se passe-t-il si l'agrément est refusé ?

Les associés doivent, dans le délai prévu, acquérir ou faire acquérir les titres — à défaut de quoi le cédant retrouve sa liberté de céder. Le prix, s'il n'est pas convenu, peut être fixé par un expert désigné à cet effet, et il n'est pas nécessairement celui négocié avec l'acquéreur pressenti.

Combien de temps dure la procédure ?

Elle se compte en mois, pas en semaines : notification du projet, délai de réponse de la société, puis, en cas de refus, délai pour le rachat. C'est pourquoi elle doit figurer comme condition suspensive datée dans le protocole.

Comment la contourner ?

On ne la contourne pas : un montage destiné à échapper à l'agrément est fragile juridiquement. La bonne approche consiste à l'anticiper — relire les statuts avant toute négociation, sonder les coassociés en amont, et intégrer la procédure au calendrier plutôt que la subir.

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